Faut il avoir peur du changement d'échelle de la bio?

Le changement d'échelle de la bio inquiète tout autan qu'il rassure. Là est le paradoxe rencontré parfois auprès de ceux qui militent comme moi depuis des années pour faire connaître des pratiques qui n'ont rien de vieillottes mais au contraire extrêmement modernes et efficaces. Pourquoi avoir peur que des femmes et des hommes, des entreprises ou des  marques, des syndicats ou des politiques s'emparent d'une soit disant éthique que seuls les pionniers auraient le droit de détenir?

Pour me considérer, non pas comme un membre de la première heure, mais tout de même comme un militant d'une époque où l'on nous regardait comme des aventuriers farfelus, je prend plaisir à raconter, expliquer et convaincre tous ceux dont la curiosité amène à comprendre les bien-fondés de la bio.

Je n'ai pas d'ennemis, soient ils issus de la grande distribution, de la production ou la transformation industrielle, mais chaque fois seulement face à moi des individus à convaincre. Si, pour la plupart de ces acteurs il fut un temps où seul la compétition tournait au volume + pour un prix -, le fait même de se poser la question de la bio montre qu'ils s'interrogent sur leur idéologie qui laisse croire que le bonheur ne dépend que des biens cumulés au cours d'une existence.

Oui nous avons besoin de biens matériels, ceux qui nous facilitent la vie et participent à notre subsistance, mais attention à ce que cette envie d'acheter ne devienne addiction et obsession. Il y a d' autres sources d'épanouissement, celles que procurent la culture, la philosophie et l'économie du lien.

C'est ce besoin de créer du lien qui m'a amené à m'intéresser à la bio il y a vingt ans. Du lien au sol et du lien entre la matière qui le constitue, choses que permettent l'agronomie et le développement des écosystèmes. Mais ce qui est vrai pour la vie de la terre nourricière est aussi réalité dans une économie vivante tout comme une vie sociale n'a de sens que si les êtres se nourrissent d'échanges et de complémentarités.

Le changement d'échelle de la bio n'est donc pas une crainte en ce qui me concerne, mais une formidable opportunité pour construire l'économie et les modes de vie qui vont avec.

Nous avons à ce jour qu'une toute petite expérience de la commercialisation de notre foin et pourtant je sens à quel point il donne envie de parler tout comme il nous a déjà fait faire de belles rencontres.

Une véritable raison de croire que notre démarche à du sens et va bien au delà d'apporter une simple saveur en cuisine. Une réelle continuité avec notre engagement pour le développement de la bio